
Introduction
Bien que détestant
les notes et la « mentalité de podium », je n'ai pas résisté
à confronter mes 50 mm. préférés. Après avoir effectué plusieurs
tests à des ouvertures comme f/5,6 ou f/8, il m'est vite apparu
que ce mode d'opération n'avait que peu d'intérêt ; en effet,
les optiques, même celles des années 50, présentent toutes de très
bonne, voir d'excellentes performances à ces diaphragmes. Il fallait
donc adapter le test aux ouvertures de travail suivant le type d'optique
étudiée.
Exemple : un objectif dont l'ouverture nominale est de f/1,5
sera utilisé majoritairement à cette même ouverture nominale et
jusqu'à f/4, car il s'avère inutile d'acheter une optique dont l'ouverture
nominale est aussi grande pour l'utiliser à des valeurs comme f/5,6,
f/8 ou encore f/11 ! A l'inverse, une optique dont l'ouverture
nominale est un modeste f/3,5 se verra utilisée plutôt autour de
valeur comme f/8. En résumé, l'ouverture nominale de chaque objectif
et l'ouverture correspondant à + 2 valeurs ont été testées. Cela
correspond à :
- F/1,5
et f/2,8 pour les objectifs dont l'ouverture nominale est de f/1,5
- F/2
et f/4 pour les objectifs dont l'ouverture nominale est de f/2
- F/2,8
et f/5,6 pour les objectifs dont l'ouverture nominale est de f/2,8
- F/3,5
et f/8 pour l'objectif dont l'ouverture nominale est de f/3,5
Matériel et méthode
Leica M7 sur trépied, bague adaptatrice 39 à vis - Leica
M.
Les objectifs suivants ont été testés :
- Jupiter
3 1,5/50 de 1950 (verres Zeiss)
- Jupiter
3 1,5/50 de 1952
- Jupiter
3 1,5/50 de 1956
- Jupiter
3 1,5/50 de 1985 (noir)
- Leitz
Summarit 1,5/50 de 1950
- Jupiter
8 2/50 de 1959
- Jupiter
8 2/50 de 1967
- Jupiter
8 2/50 de 1977 (noir)
- Leitz
Summicron rentrant 2/50 de 1953
- Industar
26M 2,8/53 de 1963
- Industar
61 L/D 2,8/55 de 1993
- Industar
22 3,5/50 de 1950
Les tests suivants ont été réalisés :
- Test
1 (9 août 2004) : Sujet avec source de lumière
de ¾, cette source de lumière était donc gênante pour les objectifs
sensibles au flare. Film : Fuji Acros 100.
- Test
2 (10 août 2004) : Sujet éclairé de face uniformément.
Film : Macophot UP 64c.
- Test
3 (11 août 2004) : Sujet éclairé uniformément, situé
à
1 mètre. Les
objectifs sont donc réglés sur leur distance de mise au point
minimale. Film : Tura P150 (équivalent à l'Agfa APX 100).
La notion de vignetage n'a pas été prise
en compte car les optiques des années 50 présentent toutes ce défaut
à leur ouverture nominale.
Tous les films ont été développés dans du Rodinal 1 + 25.
Jugement sur table lumineuse avec compte-fils. Chaque objectif s'est
vu attribué une note sur 6 en fonction des négatifs obtenus pour
les deux diaphragmes testés.
Aucune optique moderne coûteuse n'a participé à ce essai. L'intérêt
de ce dernier est aussi lié au fait que le prix des optiques est
compris entre 20.- ( !) et 300.-, dont 9 optiques sur 12 ne
dépassant pas 100.- !!
Résultats
Test 1
Les prises de vue effectuées pour le 1ertest ont donné les résultats suivants :voir graphique ci-dessous.

- Le Jupiter
3 de 1950 brille par ses résultats dès la pleine ouverture.
Malgré une sensibilité au flare, piqué et contraste sont au rendez-vous.
L'image réalisée à f/2,8 est la meilleure du comparatif. Les verres
Zeiss étaient vraiment les meilleurs du monde ! .
- Le Jupiter
3 de 1952 présente des résultats identiques à pleine ouverture,
mais peu d'améliorations à f/2,8. Il est fort probable que les
verres russes ne fassent la différence qu'à partir de f/4. Je
n'ai utilisé cet objectif qu'à f/5,6 et les résultats se sont
révélés excellents.
- Jupiter
3 de 1956 : Bien que mécaniquement plus rassurant,
cet objectif présente rigoureusement les mêmes caractéristiques
optiques que le précédent.
- Somptueuses
images piquées et contrastées pour le Jupiter 3 noir de
1985 .
- Le légendaire Summarit pour clore la série des f/1,5. La pleine
ouverture est décevante, avec une forte propension au flare. Manque
de contraste et de définition. A f/5,6 l'image est détaillée et
fouillée, mais toujours avec un léger déficit de contraste.
- Le
Jupiter 8 de 1959 sera la révélation de ce comparatif.
Moins éclatant que le Jupiter 3 de 1950, cette optique donne des
négatifs très vivants à f/2 comme à f/4, avec même un léger effet
3D ! Classe ! Mécaniquement neuf.
- Les
années 60 n'ont qu'une piètre réputation pour les optiques russes.
Mais il existe quelques bijoux cachés derrière, il est vrais,
une production plutôt décevante. Ce Jupiter 8 de
1967 ne fait malheureusement pas exception à la règle :
image molle sur tout le champs à f/2 avec peu d'amélioration à
f/4.
- M'ayant
déjà donné de très beaux négatifs, le Jupiter 8 noir de
1977 était attendu au tournant. Il s'avère cependant décevant
pour ce premier galop d'essais : images molles et manque
de piqué sur les deux négatifs. Encore une victime de la lumière
incidente !
- Le réputé Summicron rentrant donne une belle image détaillée
à f/2, mais sensible au flare ; ce qui diminue beaucoup le
contraste. Légères et insuffisantes améliorations à f/4 :
Image restant molle.
- Les
pires négatifs de ce test n°1 ont été donnés par l'Industar
26M : aucune définition, aucun contraste, et grande
sensibilité au flare.
- Le challenger
de tous les tests, à savoir l'Industar 61 L/D , ne
présente ici que peu d'intérêt : Image molle à f/2,8 et molle
à f/5,6. La lentille au lanthanum ne fait pas son effet !
- La copie
conforme de l'Elmar de Leitz, le nommé Industar 22a donné
une image plutôt molle et peu contrastée (flare) à f/3,5, mais
excellente à f/8 plaçant du coup ce négatif juste derrière le
Jupiter 3 de 1950 à f/2,8 ! De par cette trop grande différence,
cet objectif ne récolte « que » 5 points.
Remarques :
- Les
trois meilleures images ont donc été produites par le Jupiter
3 de 1950 à f/2,8, le Jupiter 3 de 1985 à f/2,8 et par l'Industar
22 à f/8.
- La différence
est bien marquée entre les trois Jupiter 3 des années 50 :
celui de 1950 avec des verres Zeiss montre de bien meilleures
performances à tous les niveaux. Il est cependant fort probable
que cette différence s'amenuise voir s'annule vers f/5,6. Celui
de 1985 reste un référence. N'oublions pas que cet objectif a
été produit au sein d'une fabrique réputée. Les soviétiques auraient-ils
changé la fabrication des verres pour les objectifs noirs ?
Toujours est-il que ces objectifs noirs donnent toujours des résultats
chromatiquement neutres alors que les optiques chromées marquent
une tendance nette à un rendu chromatique légèrement chaud.
- L'Industar
26M s'avère inutilisable.
- L'Industar
61 L/D pourtant performant ne confirme pas sur ce test.
- Les
objectifs Leitz se montrent très moyens. Ils sont devancés par
leurs équivalents soviétiques.
Test 2
Est-ce que ce test sera tout aussi étonnant que le premier ?
Voyons les résultats ci-dessous :
- Le Jupiter
3 de 1950 donne le ton : contraste et piqué. Le valeurs
sont magnifiques.
- On retrouve
un petit cran en dessous les jumeaux Jupiter 3 de 1952 et
1956 . Très bonnes optiques qui ne souffrent que de la
comparaison avec leur ainé.Je suis sûr que les note seraient encore
moins différentes à des valeurs plus fermées.
- Les
négatifs du Jupiter 3 de 1985 se remarquent tout
de suite : clarté, piqué, contraste.vraiment des négatifs
que l'on a envie de tirer !
- Très
légèrement derrière son prédécesseur, le Summarit fait plaisir : négatif précis, lisible et piqué. Seul le
contraste est légèrement en retrait.
- Très
beau aux deux ouvertures testées, le Jupiter 8 de 1959 confirme ses performances : piqué, contraste, respect des
valeurs.magnifique ! Un vrai objectif « à l'ancienne »,
dont les négatifs doivent être un plaisir à tirer sur du papier
baryté.
- Toujours
un peu insipide, le Jupiter 8 de 1967 ne fait pas
honneur à l'année de l'anniversaire du cinquantenaire de la révolution
d'octobre.
- Plutôt
moyen à pleine ouverture, le Jupiter 8 noir de 1977 se rattrape à f/4 : beau piqué et contraste sérieux pour
un objectif « moderne ».
- Un peu
mou à f/2 et présentant peu d'amélioration à f/4, le Summicron reste en retrait. Surprenant !
- A nouveau, l'Industar 26M ne présente pas la moindre qualité.
- Mou
aux deux diaphragmes testés, l'Industar 61 L/D est
vraiment décevant. Et pourtant, pas de piège de lumière cette
fois-ci !
- Comme
pour l'essai précédent, l'Industar 22 est plutôt
moyen à f/3,5 mais éclatant à f/8. Un négatif qui se remarque
rapidement ; bien contrasté et piqué.
Remarques :
- Le Summarit
retrouve ses lauriers, sa légende et son vrai niveau : tant
mieux ! L'étonnant Jupiter 8 de 1959 récolte également la
note maximale.
- Les
Jupiter 3 de 1950 et de 1985 sont décidément de grandes optiques !
Ils sont talonnés pour ce test par les Jupiter 3 de 1952 et 1956.
- Si l'on
doit faire des images où diaphragmer s'impose, l'Industar 22 sera
le meilleur choix car des valeurs comme f/8 et f/11 n'ont pas
l'air de l'effrayer, au contraire !
Test 3
Dernier test afin d'avoir la conscience tranquille :

- Encore
une fois, le Jupiter 3 de 1950 propose une reproduction
cristalline du sujet, avec en supplément la « magie »
des optiques Zeiss.
- Encore
une fois également, le Jupiter 3 de 1952 talonne son ainé de deux ans.
- Un petit
cran en dessous, le Jupiter 3 de 1956 est au niveau
du Summarit. (contraste)
- Les
négatifs du Jupiter 3 de 1985 sont extraordinairement
piqués et contrastés. Les plus fins détails ressortent clairement
à f/2,8. Impressionnant ! On retrouve cependant la dureté
de certaine optiques modernes.
- Le Summarit souffre la succession : très beaux négatifs bien détaillés
mais le contraste n'est pas à niveau. A l'opposé du précédent !
Cette belle douceur est parfois utile !
- Beaux
négatifs piqués et contrastés pour le Jupiter 8 de 1959 ,
avec un peu de cette magie liée au respect des valeurs. Un plaisir.
- A nouveau
mou aux deux diaphragmes, le Jupiter 8 de 1967 ne
présente pas beaucoup d'intérêt. Ou alors pour du nu éventuellement.
- Magnifiques
négatifs pour le Jupiter 8 noir de 1977 qui
continue sa progression ! Je retrouve l'optique qui m'avait donné
de si beaux résultats au mois de février de cette année sur Ilford
Delta 100 ! Contraste et piqué, avec des valeurs qui manquent
à peine de nuances.
- Une
nouvelle déception pour le Summicron : les
négatifs sont très nets mais il n'y a pratiquement aucun contraste.
Probablement dû à l'exemplaire testé car cet objectif jouit d'une
grande réputation optique.
- Un sursaut
d'orgueil pour l'Industar 26M : certes, les
deux valeurs testées n'incitent pas à l'enthousiasme le plus débordant,
mais cette fois les négatifs sont parfaitement exploitables !
Piqué et contraste sont au rendez-vous.
- Le décevant Industar 61 L/D donne à nouveau des négatifs trop
mous.
- Fidèle
à ses habitudes, l'Industar 22 donne un négatif
bon sans plus à f/3,5, mais un véritable chef-d'ouvre à f/8.d'où
sa note de 5.
Remarques :
- Peu
d'éléments nouveaux si ce n'est les très beaux négatifs donnés
par le Jupiter 8 de 1977, et les bons résultats de l'Industar
26M.
- Les
objectifs « modernes » montrent sur ce type de test
leur contraste légèrement supérieur, ce qui peut être un désavantage
ou un avantage suivant le sujet.
- Les
types de valeurs données par le Jupiter 3 de 1950, le Summarit
et le Jupiter 8 de 1959 correspondent typiquement au rendu que
je recherche.
Résultats finaux
Les moyennes obtenues par les divers objectifs ont été
les suivantes :

Podium : 1erles Jupiter
3 de 1950 et 1985. 3ele Jupiter 8 de 1959. ( 4el'Industar 22, 5ele Jupiter 3 de 1952, 6ele Jupiter 3 de 1956, 7ele Summarit et le Jupiter 8
de 1977. Les autres objectifs n'ont pas obtenu la « moyenne ».)
Les fantastiques opticiens d'avant-guerre de chez Zeiss ne s'étaient
pas trompés : leur formule optique à 7 lentilles récolte la
meilleure moyenne. En effet, même si le nom « Zeiss »
n'apparaît sur aucun objectif de ce test, la firme de Jena est omniprésente :les
Jupiter 3 sont tous issus de la même formule d'origine Zeiss, ainsi
que les Jupiter 8 (6 lentilles). Et si le Jupiter 3 de 1950 est
estampillé « Jupiter 3 », la fabrique KMZ ne s'est chargée
que du montage ; le groupe optique faisait certainement partie
des biens allemands confisqués par les Soviétiques après la victoire
de 1945. Le Jupiter 3 de 1952 est une excellente optique, et celui
de 1956 peu se vanter d'être au niveau du Summarit ! Surprenant
pour un objectif que l'on trouve couramment, de surcroît pour un
prix modique.
Les surprises sont plutôt du côté des vaincus que des vainqueurs:
Le Summicron de 1953 doit probablement avoir un défaut ; impossible
que le meilleur 50 mm. de chez Leitz ne soit pareillement à la traîne !
Inutile d'investir dans un Jupiter 8 des années 60 : Ses deux
cousins présentent des performances si supérieures que son intérêt
est vraiment limité ! D'autant plus que le modèle de 1959 possède
le petit accessoire pour l'index (ce qui facilite la mise au point),
et que le modèle de 1977 comble l'absence de cet accessoire par
une très onctueuse qualité mécanique.
L'Industar 61 L/D qui avait donné de si beaux résultats l'année
passée ne confirme pas ; la qualité mécanique médiocre de ces
objectifs pourtant du début des années 90 y est certainement pour
quelque chose.
Livré « gratuitement » avec les Fed 2, l'Industar 26M
fait figure de bouchon à boîtier plutôt que d'outsider de début
de gamme.
Bonne confirmation pour l'Industar 22. Copie conforme de l'Elmar
3,5, on comprend pourquoi cette formule optique a fait le bonheur
des premiers Leicaïstes ! L'absence de télémètre
C'est un instrument optique permettant de connaître la distance entre un objet et l'appareil photo. Il peut faire partie intégrante de l'appareil ou être un accessoire. des premiers
modèles du Leica était comblée par la qualité optique de l'objectif :
en effet, diaphragme à f/9 ou f/12,5 (valeurs de l'époque) et.vive
l'hyperfocale ! D'ailleurs ces optiques étaient « calculées
pour ».
Last but not least, le Summarit n'est pas le meilleur côté performances,
mais reste irremplaçable de par ses qualités « d'archétype
d'objectif à l'ancienne », plutôt doux, nuancé, sensible au
flare, mais tellement attachant, et au bo-keh inimitable !
Conclusion
N'ayant absolument pas prétention de vérité, ce test a souligné
plusieurs tendances :
Les objectifs soviétiques
quand ils sont mécaniquement sains sont réellement bons. Au bas
mot.
Les objectifs Leitz
ne vieillissent pas mieux que les autres.
Vu la très forte
personnalité de chaque optique, il vaut mieux les choisir en fonction
du sujet photographié plutôt que pour leurs performances pures.
(et c'est ce que les utilisateurs d'optiques modernes très contrastée
ne comprennent généralement pas)
Pour les aficionados
des optiques à quatre lentilles, il faut préférer l'Elmar de Leitz
ou sa copie conforme, l'Industar 22, car les extrapolations n'ont
pas été concluantes.
Le fait d'avoir
testé les objectifs à leur ouverture nominale et + 2 valeurs a réellement
permis de les distinguer. En effet, ils sont tous au moins « bons »
à f/8 !
Remerciements
Des remerciements anticipatoires à mes futurs lecteurs,
peut-être aussi fou que moi pour se plonger dans une petite étude
démodée comme celle-là. Merci de m'avoir lu !
Merci aux piles du Leica M7 d'avoir tenu le coup.
Merci au Rodinal de délivrer d'aussi beaux négatifs depuis plus
de 113 ans, (presque) indépendamment de l'objectif utilisé ! |
Traduction
par L. Huffman, le 23 juin 2005.
Although detesting giving out grades, and the 'winners and losers'
mentality, I could not resist comparing my favorite 50 mm lenses.
After having done several tests at apertures such as f5.6 or f8,
it quickly became apparent that this method of proceeding had limited
interest; indeed, the optics, even those from the 1950s, all showed
very good results, even excellent performance, at these apertures.
It is therefore necessary to adapt the test to working apertures
according to the type of lens being studied.
For example : a lens for which the widest opening is f1.5 will be
used, for the most part, at this nominal opening and up to f4, because
it is clearly not useful to purchase a lens with a maximum opening
this large, only to use it at apertures such as f5.6, f8 or even
f11. Conversely, a lens having a maximum opening of only f3.5 will,
rather, most often be used at values such as f8. Summarizing, we
tested at the maximum opening of each lens and at the aperture corresponding
to two f-stops higher. These corresponded to:
- F1.5 and f2.8 for lenses for which
the maximum opening is f1.5
- F2 and f4 for lenses for which the
maximum opening is f2
- F2.8 and f5.6 for lenses for which
the maximum opening is f2.8
- F3.5 and f8 for lenses for which
the maximum opening is f3.5
Equipment and methods
Leica M7 mounted on a tripod, with an adaptor ring - 39mm
screw mount to Leica M mount.
The following lenses were tested :
- Jupiter 3 1.5/50 of 1950 (Zeiss
elements)
- Jupiter 3 1.5/50 of 1952
- Jupiter 3 1.5/50 of 1956
- Jupiter 3 1.5/50 of 1985 (black)
- Leitz Summarit 1.5/50 of 1950
- Jupiter 8 2/50 of 1959
- Jupiter 8 2/50 of 1967
- Jupiter 8 2/50 of 1977 (black)
- Leitz Summicron (collapsing) 2/50
of 1953
- Industar 26M 2.8/53 of 1963
- Industar 61 L/D 2.8/55 of 1993
- Industar 22 3.5/50 of 1950
The following tests were performed
:
- Test
1 (9 August 2004)
: Subject with light source at ¾, this light source thereby
being difficult for lenses having the tendency to experience flare.
Film : Fuji Acros 100.
- Test
2 (10 August
2004) : Subject uniformly front-illuminated. Film : Macophot UP
64c.
- Test
3 (11 August
2004) : Subject uniformly illuminated at a distance of 1 meter.
The lenses are therefore set to their nearest focus distance.
Film : Tura P150 (équivalent à l'Agfa APX 100).
Vignetting was not taken into account,
since these lenses from the 1950s all have this defect at their
maximum aperture.
All film was developed in Rodinal 1 + 25.
Evaluation on a light table with magnifying loupe: Each lens is
graded on a scale of 6 according to the negatives obtained for each
of the two apertures tested.
No expensive modern lens was included
in this test. The interest of the test was also related to the fact
that the prices of these lenses were between Euro 20 (!) and 300,
of which 9 lenses of the 12 did not exceed a price of Euro 100 !!
Results .
Test 1
Pictures produced for Test 1 gave the following results :See
bar graph on the left column.
- The Jupiter 3 of 1950 shines by its performance at full aperture. In spite of a tendency
toward flare, sharpness and contrast meet requirements. The image
obtained at f2.8 is the best of the comparison tests. The Zeiss
elements were indeed the world's best !...
- The Jupiter 3 of 1952 gave identical results at full aperture, but were little improved
at f2.8. It is likely that the Russian elements only make a difference
beginning at apertures of f4. I have used this lens only at f5.6,
and the results were found to be excellent.
- Jupiter 3 of 1956 :
Although mechanically more reassuring, this lens presents strictly
the same optical characteristics as the preceding lens.
- Rich images, sharp and contrasty
for the black Jupiter 3 of 1985
- The legendary Summarit ,
to wrap up the f1.5 series. Full aperture is disappointing, with
a strong propensity toward flare. Lack of contrast and definition.
At f5.6, the image is detailed and textured, but still with a
slight lack of contrast.
- The Jupiter 8 of 1959 is the revelation of these comparative tests. Less striking than
the Jupiter 3 of 1950, this lens gives very lively negatives at
f2 as at f4, with even a slight #D effect ! Classy ! Mechanically
new.
- The 1960s have only a poor reputation
as regards these Russian optics. However, there are several jewels
hidden among what is, it is true, a rather disappointing production.
The Jupiter 8 of 1967 is not, unfortunately, an
exception to the rule: it has a soft image in all fields at f2,
with little improvement at f4.
- Having already given some very fine
negatives, the black Jupiter 8 of 1977 was awaited
with expectation at the first turn. It was seen as disappointing,
however, in the 'first heat' of trials: soft images with lack
of sharpness in both negatives. Another victim of this incident
light !
- The renown collapsing Summicron gave a well detailed image at f2, but with a tendency toward flare,
which greatly reduced the contrast. Slight and insufficient improvements
at f4: the image remained soft.
- The worst negatives of this test
1 were given by the Industar 26M : No definition,
no contrast, and a great susceptibility to flare.
- The challenger of all the tests,
namely the Industar 61 L/D, provided only limited
interest here: a soft image at f2.8, and soft at f5.6. The lens
made from lanthanum provided no improvement !
- The copy corresponding to the Leitz
Elmar, designated the Industar 22 provided a rather soft
and low contrast (due to flare) at f3.5, but was excellent at
f8, immediately placing this negative just behind the Jupiter
3 of 1950 at f2.8 ! From this too large difference, this lens
picked up "only" 5 points.
Remarks :
- The three best images were therefore
produced by the Jupiter 3 of 1950 at f2.8, the Jupiter 3 of 1985
at f2.8, and by the Industar 22 at f8.
- Differences among the three Jupiter
3s of the 1950s is significant : that of 1950 with Zeiss elements
showed significantly better performance than the newer ones. It
is, however, highly probable that this difference is reduced or
even eliminated toward f5.6. The 1985 examples remains a reference.
We should not forget that this lens was produced by a manufacturer
of repute. Had the Soviets altered the manufacture of lens elements
for the black lenses? Still, the black lenses give consistently
results that are chromatically neutral, whereas the chrome lenses
display a decided tendency to deliver a slightly warm chromatic
treatment.
- The Industar 26M is seen as unusable.
- The Industar 61 L/D however capable
did not prove itself in this test.
- The Leitz lenses showed themselves
to be quite average. They were out-performed by their Soviet equivalents.
Test 2 Will this test also be as astonishing
as the first ? Let us see the results below:
- The Jupiter 3 of 1950 sets the tone: contrasty and sharp. The values are excellent.
- Its two twins, the Jupiter
3 of 1952 and 1956 are just a notch below. Very good lenses,
which suffer only in comparison with their elder brother.I am
sure that these grades would be even less differentiated at smaller
apertures.
- The negatives of the Jupiter
3 of 1985 are notable right from the start : clarity,
sharpness, contrast.just the kind of negatives that one would
want to take !
- Slightly behind its predecessor,
the Summarit provides satisfaction: Precise, clear,
and sharp. Only the contrast is somewhat reduced.
- Very
good at the two apertures tested, the Jupiter 8 of 1959 confirms its abilities : sharp, contrasty, integrity of image.excellent
! A true "old style" lens, from which it would be a
pleasure to print the negatives on baryte paper.
- Still somewhat insipid, the Jupiter
8 of 1967 does not do honor to the fiftieth anniversary
of the October revolution.
- " Rather mediocre wide open,
the black Jupiter 8 of 1977 catches up at f4 : good
sharpness and serious contrast for a modern lens.
- " Somewhat soft at f2 and showing
little improvement at f4, the Summicron lags behind.
Surprising !
- " Again, the Industar
26M displays not the least quality.
- " Soft at the two apertures
tested, the Industar 61 L/D is really disappointing.
However, no trap from the light this time !
- " As in the preceding test,
the Industar 22 is fairly average at f3.5, but striking
at f8. A negative that one quickly notices; good contrast and
sharpness.
Remarques :
- The Summarit regains its laurels, its
legend, and its true level: so much the better ! The astonishing
Jupiter 8 of 1959 also wins the maximum score.
- The Jupiter 3s of 1950 and 1985 are decidedly
wonderful lenses. They are followed closely behind in this test
by the Jupiter 3s of 1952 and 1956.
- If one must make photographs where
the f-stop is important, the Industar 22 would be the best choice,
since f-stop settings such as f8 and f11 do not seem to trouble
it ; on the contrary !
Test 3 Final test in order to have a peaceful
conscience:
Results from Test 3: Close-Ups
- Again, the Jupiter 3 of 1950 offers
a crystalline reproduction of the subject, with the added benefit
of the "magic" of Zeiss optics.
- Again, also, the Jupiter 3
of 1952 performs just behind its two year older brother.
- A notch below, the Jupiter
3 of 1956 is at a level with the Summarit. (contrast)
- The negatives of the Jupiter
3 of 1985 are extraordinarily sharp and contrasty. The
finest details come out clearly at f2.8. Impressive ! We find
also, however, the hardness of certain modern lenses.
- The Summarit suffers
by comparison : beautiful negatives, well detailed, but the contrast
is not up to the mark. The opposite of the preceding lens. This
nice softness is sometimes useful !
- Beautiful negatives, sharp and contrasty
for the Jupiter 8 of 1959 , with some of that magic
which is linked to the respect of values. A pleasure.
- Again, soft at the two apertures,
the Jupiter 8 of 1967 does not offer much interest.
- Excellent negatives for the black
Jupiter 8 of 1977, which continues its progress ! I return
to the lens which had given me such fine results last February
on Ilford Delta 100 ! Contrasty and sharp, with values which hardly
lack nuances.
- Another disappointment for the Summicron : the negatives are quite sharp, but there is practically no contrast.
This is probably due to the particular lens tested, because this
lens enjoys an excellent optical reputation.
- A jump of pride/respect for the Industar 26M : certainly the two apertures tested
here do not incite the most expansive enthusiasm, but this time,
the negatives are perfectly useable ! Sharpness and contrast are
at the required level.
- The disappointing Industar
61 L/D again gives negatives which are too soft.
- Faithful to its usual performance,
the Industar 22 provides a satisfactory negative,
but not more than that, at f3.5, but is a true masterpiece at
f8.from which we award its grade of 5.
Remarks:
- Not much new, other than perhaps
the very fine negatives given by the Jupiter 8 of 1977, and the
good results of the Industar 26M.
- The "modern" lenses demonstrate
in this kind of test their somewhat better contrast, which might
be a disadvantage or and advantage, according to the subject.
- The kind of values provided by the
Jupiter 3 of 1950, the Summarit, and the Jupiter 8 of 1959 typically
matched the results that I had looked for.
Final Results
The averages obtained by each of the several lenses are as follows
:
In First Place : The Jupiter 3s of 1950
and of 1985. In Third Place: The Jupiter 8 of 1959. (4th, the
Industar 22, 5th, the Jupiter 3 of 1952, 6th, the Jupiter 3 of 1956,
7th, the Summarit and the Jupiter 8 of 1977. The other lenses did
not achieve the "average".
The fantastic pre-war optical designers of Zeiss were not wrong
: their 7 element optical formula received the best scores in the
test. Indeed, even if the name "Zeiss" appears on none
of the lenses in this test, the Jena firm is omnipresent: the Jupiter
3s are all the progeny of the same original Zeiss formula, as are
the Jupiter 8s (6 elements). And if the Jupiter 3 of 1950 is stamped
"Jupiter 3", the constructor KMZ is responsible only for
the mounting; the optical group is certainly part of the German
goods confiscated by the Soviets after the victory of 1945. The
Jupiter 3 of 1952 is and excellent optic, and that of 1956 can pride
itself as being at the level of the Summarit ! Surprising for a
lens that one finds easily/widely, and moreover, for a moderate
price.
The surprises are rather among the losers, rather than among the
winners : The Summicron of 1953 likely has some defective aspect
; it is not possible that the best 50 mm lens from Leitz should
be among the poorest performers !
It is not useful to invest in a Jupiter 8 from the 1960s: its two
cousins provide such superior performance that its interest is certainly
limited. More so, in that the 1959 model has the little control
for the index finger (which simplifies focusing), and that the 1977
model adds to the lack of this feature by very viscous mechanical
quality.
The Industar 61 L/D which had given such fine results last year
did not live up to his prior result ; the mediocre mechanical quality
of these lenses from the beginning of the 1990s is certainly a factor.
Provided "free" with the Fed 2 cameras, the Industar 26M,
looks somewhat like a camera body cap, rather than the low end of
the lens range.
Confirmation for the Industar 22. A copy of the Elmar f3.5, it is
understandable why this optical formula so pleased the first Leica
users ! The absence of a rangefinder on the first Leicas were compensated
by the quality of this lens : indeed, with and f-stop of f9 or f12.5
(values used at that era), and.long live depth of field !
Last, but not least, the Summarit is not the best of performers,
but it remains irreplaceable by its quality of being "the archetype
of the classic lens", somewhat soft, nuanced, prone to flare,
but so captivating, and with an inimitable bo-keh !
Conclusion
Having absolutely no pretensions to being "the truth",
this test underlines several tendencies :
The Soviet lenses, when they were in mechanically good condition
were really of good performance. At last word.
The Leitz lenses do not age better than the others.
Considering the very strong personality of each lens, it is better
to select them as a function of the photographic subject, rather
than for their pure performance. (and, that is what the users of
modern lenses having a high contrast do not generally understand).
For the aficionados of four element lenses, the Elmar of Leitz should
be preferred to its Industar 22 copy, since these imitations were
unconvincing.
The fact to have tested these lenses at their maximum aperture and
at 2 f-stops higher had certainly allowed them to by distinguished,
one from another. Indeed, all are at least "satisfactory"
at f8 !
My Thanks
Thanks in advance to my future readers, perhaps as crazy as
I am for diving into a small, somewhat outmoded study such as this.
Thanks for having read this.
Thanks to the Leica M7 batteries for having held up.
Thanks to Rodinal for having produced
such fine negatives for more than 113 years, (almost) regardless
of the lens used !
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