Cet appareil a eut plusieurs
dénominations d'un coté et de l'autre de l'Atlantique.
Il semble que le premier modèle "sonar" s'appelait
One Step aux USA.
Je reproduit partiellement, ci-dessous, la première présentation
effectuée par la revue Phot'Argus, en septembre 1978. L'essai,
comme il y est précisé, s'est fait avec un appareil
provenant directement des USA et donc, portant encore son nom de "One
Step".
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Avant d'aller plus loin, je rappelle
que certains tests Phot'Argus complets (dossiers tirés à
part, édités par Phot'Argus) peuvent encore être
acquis auprès de la Librairie Photo, avenue de Villiers à
Paris.
"Encore une bombe POLAROID : la photographie instantanée
rendue encore plus simple et plus sûre. La mise au point est
maintenant effectuée automatiquement par le Sonar qui vient
d'être adapté au Polaroid SX 70 Sonar One-Step.
Nous avons pu essayer le seul appareil disponible en France. Ce modèle
ayant été présenté aux actionnaires de
la firme le 25 avril 1978 aux Etats-Unis, il est possible que les
modèles commercialisés ultérieurement soient
légèrement différents ; toutefois, dans son état
actuel, cet appareil est déjà une petite merveille.
Le Polaroid SX 70 Sonar One-Step est donc :
un appareil moyen format (8x8 cm) reflex mono-objectif, à
visée très lumineuse,
assurant la mise au point automatique et manuelle jusqu'au
rapport x 0,5 (soit à 25 cm du sujet),
à obturateur/diaphragme à commande électronique,
à fonctionnement automatique en lumière naturelle
de 14 s à f/8 à 1/180 à f/22 et au flash de 1/40
à f/8 à f/96,
à miroir éclair commandé par un moteur
électrique,
à chargement automatique par chargeurs de films-pack
couleur, avec mise en place automatique électrique du premier
cliché,
à éjection automatique de la photographie effectuée,
photographie qui se développe automatiquement sans aucune manipulation,
à mesure automatique de l'exposition par cellule Silicium,
à contrôle automatique de l'exposition au flash,
par couplage diaphragme /distance de mise au point, de 6 m environ
jusqu'au rapport x 0,5.
Une très belle réussite.

1. Système Sonar
de mise au point :
Cette innovation Polaroid qui fera certainement école (si les
brevets déposés le permettent), n'est en fait que l'astucieuse
application du Sonar, système de mesure et de détection
mis au point entre les deux guerres pour les sous-marins. Autrement
dit, il s'agit d'un appareil de prise de vue muni d'un radar...
1.1. Principe :
Lors de la pression sur le Bouton de déclenchement,
un émetteur/récepteur, constitué d'une feuille
de mylar doré tendue sur un cadre métallique, envoie
un clic d'ultra-sons. Celui-ci est produit par la transformation,
au travers d'un transformateur et d'un oscillateur, d'une impulsion
électrique débitée par la pile Polapulse.
Le clic d'ultra-sons dure une milliseconde et est composé de
quatre fréquences étagées de 60000, 57000, 53
000 et 50 000 Hz.
Celles-ci sont évidemment inaudibles à l'oreille humaine
et Polaroid assure qu'elles le sont également aux chiens et
autres animaux domestiques (heureusement...).
Les quatre fréquences sont vraisemblablement émises
dans un ordre déterminé pendant la milliseconde pour
satisfaire à 3 impératifs :
réduire la durée de chacune des fréquences
émises, ce qui améliore la précision des mesures
aux faibles distances: 0,25 ms par fréquence, soit un train
d'impulsions de 8,5 cm de longueur.
permettre probablement au récepteur de ne tenir compte
que des échos majeurs, dont les fréquences reviennent
dans le même ordre qu'à l'émission, ce qui élimine
les échos parasites provoqués par rebonds successifs.
assurer une bonne réflexion des ultra-sons sur des sujets
aux surfaces diverses, ce qui permet ainsi au système de fonctionner
quels que soient la structure et l'aspect de surface du sujet (mur
blanc lisse, palissade, grille, grillage, sujets à structure
uniforme répétitive...). Ce clic de fréquences
s'éloigne de l'appareil à raison de 340 m par seconde
en moyenne (la vitesse variant un peu suivant la température
de l'air et l'altitude ce qui fait que ce système est plus
précis en plaine et au bord de la mer... où sont pris
la majorité des clichés... mais cette réflexion
tient plus de la boutade que de la réalité !). Dès
son départ, une horloge quartz émet des tops vers la
mémoire de l'appareil, à intervalles réguliers
et l'émetteur devient récepteur dès la fin de
l'émission du clic... Cette mémoire comporte 128 cases
(chiffre logique en binaire car c'est une puissance de 2) : il s'agit
d'un compteur en Circuit Intégré à 7 positions
qui enregistre successivement les valeurs 1, 2, 4, 8, 16, 32, 64,
en les combinant, ce qui assure de 0 à 127 valeurs, soit en
fait 128 cases. Le clic se réfléchit sur le sujet et
revient vers l'appareil pendant que la mémoire stocke des tops.
Cette mesure est assurée dans un angle de 16° environ plus
ou moins centré par rapport au viseur. (Nous en reparlerons
plus avant). Dès que l'écho est détecté
par le récepteur de l'appareil, l'horloge s'arrête ;
si le sujet est à 10 m (infini photographique correspondant
à la distance focale relativement longue 116 mm
de l'objectif si toutefois il est identique à celui du SX 70
Alpha 1, et certainement aussi limite de portée de l'émetteur-récepteur,
soit 20 m aller-retour), cela prend 60 ms = 1/16,66 de seconde, et
à 25 cm, au rapport de grossissement x 0,5 (comme celui du
SX 70 Alpha 1) 1,47 ms soit 1/7006 de seconde.

Aussitôt, un moteur électrique
entraîne l'objectif qui, au repos, est positionné à
une distance inférieure à l'infini.
Un disque solidaire de l'objectif, comportant 128 repères
correspondant aux 128 zones de mises au point retenues, est simultanément
mis en rotation. Chaque repère provoque l'émission
d'un top vers la mémoire dont les cases restantes se remplissent.
Dès que la mémoire est pleine (elle fonctionne par
tout ou rien) un électroaimant bloque la rotation de l'objectif
puis le moteur est arrêté.
Ce système est terriblement précis, beaucoup plus
qu'un dispositif de mise au point manuel.
En effet si les 128 cases étaient régulièrement
espacées, soit 60 ms/128 = 0,49 ms soit 16 cm (aller-retour)
la précision de la mesure ne serait que de 8 cm, ce qui serait
inutilisable à courte distance ; elles sont donc irrégulièrement
espacées et la précision de la mesure du temps (10
microsecondes) permet des espacements beaucoup plus rapprochés
au début, 16 microsecondes, soit une précision de
2,7 mm à 25 cm (ce qui est tout à fait dans la tolérance
de profondeur de champ) et de 3 ms à l'extrémité,
soit une précision de 50 cm à 10 m. L. Andrew Mannheim
a constaté qu'à 2 m, le SX 70 met au point sur un
stylo de 7 mm de diamètre, soit selon un angle de 0,3°
! Remarquable !
1.2. Possibilités :
Le dispositif offre des possibilités de mise au point très
exceptionnelles, mais comporte évidemment quelques limites.
La pondération du système, annoncée sur un
carré de 10 % de la surface visée centré dans
le champ, est en fait un peu différente. Très difficile
à mesurer, nous avons cependant pu la déterminer approximativement.
Nous avons pour cela utilisé la mire qui nous sert traditionnellement
à tester les objectifs ; cadrée en plein format, sa
surface se trouvait à 90 cm de l'objectif. Nous avons ensuite
découpé une vignette de 4 x 5 cm pour la déplacer
dans le champ, à une distance de 27 cm de l'objectif, afin
de déterminer la pondération du Sonar; nous avons
d'abord suspendu cette vignette à un fil de fer de 5/10 de
mm de diamètre, afin que seule la surface de la vignette
influence la mesure.
Première surprise : il s'est avéré que le Sonar
mettait au point sur le seul fil de fer ! Une précision étonnante...
Qu'à cela ne tienne, nous avons remplacé le fil de
fer par une ficelle fine... qui apparaissait tout aussi nettement
dans le viseur ! Décidément, ce Sonar est beaucoup
plus sensible que nous ne l'avons prévu et nous donne du
fil à retordre...
A bout de ressource, nous avons alors fait appel à l'une
de nos secrétaires à la chevelure ondulante et soyeuse
qui en a été quitte pour un cheveu (d'où l'importance
de bien choisir son personnel !). Eurêka ! cette fois-ci le
support n'influençait plus la mesure, et nous avons pu commencer
nos essais. Nous nous sommes vite aperçu que la taille de
notre vignette était trop importante pour évaluer
avec un minimum de précision la zone de mesure. Nous avons
alors utilisé le seul fil de fer, en l'amenant progressivement
vers le centre depuis chacun des bords du format, et en effectuant
à chaque fois une mise au point. Petite remarque en passant
: nous avons à cette occasion compris tout l'intérêt
de la surcapacité de la pile Polapulse qui équipe
chaque chargeur SX 70 ; elle ne nous a jamais fait défaut
durant plus de 150 mises au point à courte distance, (donc
dans les conditions de consommation maximale) effectuées
sur un seul chargeur : un bon point... de plus !
Le résultat des mesures nous a quelque peu surpris ; le Sonar
ne prend en compte que les objets situés dans une zone équivalant
à peu près au 1/3 des dimensions du format dans les
deux sens, cette zone est centrée verticalement, ce qui semble
normal, mais horizontalement, sa base est placée à
mi-hauteur du format, la mesure de mise au point est donc localisée
au centre de la moitié supérieure du format, ce qui
est à priori étonnant car il est patent que cette
zone est l'une des moins utilisées lors des cadrages. En
fait, nous n'avons pas eu le temps matériel d'affiner ces
mesures; il est peu probable que le champ couvert soit limité
par un carré; par contre, il est parfaitement possible que
ce champ soit celui du cercle (ou de l'ovale approchant), inscrit
ou exinscrit par rapport au carré.
Il nous faut toutefois mettre un bémol à cette remarque,
car nos essais ont été réalisés sur
le seul appareil disponible en France ; c'est sans doute pour cette
raison que la zone de mesure n'était pas rappelée
dans le viseur (ce qui sera impératif sur les modèles
de série). Il sera donc intéressant de renouveler
ces essais sur plusieurs appareils de série, afin de vérifier
si cette disposition est mûrement voulue, ou s'il s'agit d'un
mauvais calage du centrage de la zone de mesure du Sonar sur notre
appareil, et également d'affiner notre mesure de pondération.
La mise au point peut donc être généralement
effectuée sur la plupart des objets situés dans un
cône de mesure de 16° environ. Entre 16° et 19°,
la mise au point est incertaine, le Sonar hésite entre le
premier plan et le fond et se cale en général sur
un plan intermédiaire. Lorsque le sujet est situé
au-delà de 19°, la mise au point se fait sur le fond.
Non contents d'avoir pu estimer la pondération de la zone
de mesure du Sonar, nous avons voulu en estimer sa sensibilité.
Notre premier essai s'est effectué avec un trombone (type
vulgarus papeterie) suspendu à notre précieux cheveu
(ou plutôt à celui de notre secrétaire...).
Nous l'avons placé au centre de la zone de mesure et éloigné
progressivement de l'appareil ; jusqu'à 49 cm, la mise au
point s'effectue sans aucune faille sur ce premier plan. A 50 cm,
elle bascule d'un coup sur le fond. Cet essai n'était pas
quantifiable, mais nous a permis au passage de juger des progrès
accomplis par les nouveaux films Polaroid SX 70 sur le plan de la
définition, car le cheveu supportant le trombone demeure
parfaitement visible jusqu'à 49 cm : étonnant ! (mais
hélas invisible sur nos clichés imprimés).
Pour quantifier cette mesure, nous avons remplacé le trombone
par une vignette en carton de 1 cm2, déplacée de la
même façon. Le Sonar effectue la mise au point dessus
jusqu'à 69 cm. A 70 cm la mise au point bascule sur le fond.
Nous avons donc pu en déduire que la surface prise en compte
par le Sonar doit être au minimum égale à 1/1600
de la surface du champ couvert. Un système réellement
étonnant sur le plan de la sensibilité. Ce résultat
explique le fait que notre premier essai au cours duquel la vignette
était suspendue à un fil de fer ait été
peu probant, car la surface de réflexion offerte par le seul
fil était suffisante pour influencer le Sonar.
Pour compléter cette série d'essais relativement sommaires,
il nous a enfin semblé important de prendre en compte la
position angulaire de la surface de réflexion par rapport
à l'axe des ultra-sons ; lorsque la surface est normale à
cette direction la mise au point s'effectue sans aucun problème,
ce qui est tout à fait logique et explique qu'il soit impossible
de photographier de face dans un miroir ou à travers une
vitre. Lorsque la surface est inclinée à 45°,
le Sonar se trouve confronté à une position limite
d'incertitude et effectue une mise au point intermédiaire
en se basant sur la faible proportion d'ondes marginales qui lui
reviennent et qui semblent lui indiquer une distance supérieure
à la réalité. Lorsque la surface est inclinée
à 60 % sur l'axe optique, aucune réflexion des ultra-sons
n'est possible vers l'appareil ; dans ce dernier cas la mise au
point s'effectue soit sur le fond proche, s'il permet une réflexion
suffisante (ce qui était le cas pour notre mire), soit sur
l'infini si aucune surface de réflexion ne se trouve placée
dans les 10m au-delà de la surface oblique pour prendre en
compte les ultrasons C'est ce qui explique que nos prises de vues
effectuées de biais sur un miroir donnent d'emblée
une image nette du fond de la pièce car les ultrasons se
réfléchissent exactement de la même façon
que les rayons optiques. On pourrait d'ailleurs imaginer, pour pousser
le vice, un « piège à ultrasons » constitué
d'une série de surfaces réfléchissantes à
90% l'une par rapport à l'autre, de telle façon que
les ultrasons ne parviennent jamais à revenir vers le Sonar...
Sans en arriver là, disons que le Sonar effectue toujours
la mise au point sur le premier plan qui le permet ; en cas de sujets
étages en profondeur, et si le premier plan réel ne
permet pas la mise au point, c'est la surface située immédiatement
derrière qui est prise en compte, et ainsi de suite, le tout
en moins d'1/15 de seconde !
Reste à déterminer, pour être plus précis,
quel serait le comportement du Sonar en fonction de surfaces souples,
dont le pouvoir de réflexion serait variable (laine, coton,
synthétique, peau humaine, papier léger...) un régal
en perspective, dont nous aurons l'occasion de vous reparler.
On peut donc résumer les résultats de nos essais en
quelques lignes :
L'angle de mesure est de 16° environ; entre 16 et 19°
la mesure n'est par certaine.
Un sujet quelconque à moyenne distance est mis au
point de façon tout à fait simple, sans qu'il soit
besoin de prendre de précautions particulières. Toutefois,
s'il comporte un premier plan, il est préférable d'effectuer
une mesure préalable et de la contrôler avant de déclencher.
Cette méthode est aisée puisque la mise au point s'effectue
quand le Bouton de déclenchement est à demi pressé,
et reste mémorisée tant que la pression est maintenue,
ce qui permet, en cas de premier plan dans le champ, d'effectuer
la mesure sur l'essentiel du sujet, puis de recadrer avant de déclencher.
Malheureusement la zone de pondération n'est pas indiquée
sur le verre de visée, ce qui serait très simple à
réaliser et rendrait de grands services.
Pour des sujets à courte distance, il est indispensable
de contrôler la mise au point effectuée, en regardant
la position de la bague de mise au point avant de déclencher.
En effet, selon la position dans le champ, la mise au point risque
d'être effectuée sur l'arrière plan.
Il est impossible d'effectuer automatiquement la mise au
point d'un sujet réfléchi sur une glace : en effet,
les ultrasons sont réfléchis par la surface du miroir
et non par l'image virtuelle du sujet formée par le miroir.
Il faut donc procéder à une mise au point manuelle.
Il est impossible de photographier à travers une vitre
: en effet, les ultrasons sont réfléchis par la surface
de la vitre et non par le sujet placé derrière. Attention
aux prises de vues dans les véhicules quand les vitres sont
fermées ; procéder manuellement.
Dans certains cas de prises de vue, ce système ne
peut fonctionner correctement :
quand les ultrasons frappent un sujet plan, réfléchissant
ou non, selon un angle supérieur à l'angle de mesure,
ils sont réfléchis selon un angle égal à
l'angle d'incidence (tout comme les rayons optiques) et les ultrasons
réfléchis risquent de ne pas pouvoir être pris
en compte par le Sonar pour effectuer la mesure.
Quand les ultrasons frappent un sujet plan sous un angle incident
supérieur à 45° par rapport à la normale,
ils sont réfléchis sous un angle égal, et ne
peuvent de ce fait être pris en compte pour la mesure.
Toutefois, et c'est peut-être ce qui est le plus remarquable
dans ce système, la photographie nette est possible dans
l'obscurité la plus totale. Il suffit, après avoir
équipé l'appareil d'un « Flash Bar » de
presser le bouton de déclenchement en deux temps (le premier
temps afin de permettre la réalisation de la mise au point
et le second temps pour effectuer le déclenchement).
« La photographie nette à la portée des aveugles
» dirait notre ami Paillé, ce qui peut également
d'énoncer d'une façon différente : avec un
système portable, de cette précision, dont on pourrait
augmenter le champ, les aveugles pourront «voir » les
obstacles devant eux. Il suffirait de remplacer le moteur de mise
au point par un dispositif sonore ou tactile en réglant la
distance de travail du système à une distance moyenne
(3 ou 5 m). Quelles possibilités ouvertes par cette nouveauté
Polaroid !
2. Présentation, Mise en batterie :
2.1. Présentation :
Le Polaroid SX 70 Sonar One Step est quasiment identique au Polaroid
SX 70. Il n'en diffère que par le Sonar qui en augmente la
longueur : 227 mm au lieu de 180 mm. L'épaisseur : 43 mm
et la largeur 106 mm ne varient pas. Le lecteur très intéressé
par la technologie particulière au film SX 70 et des détails
très fouillés pourra se reporter avec profit au «
Livret-Test » Polaroid SX 70.
2.2. Mise en batterie :
Tenir l'appareil par ses flancs à plat dans la main
gauche.
Soulever la partie postérieure du viseur et continuer
la traction lorsque le viseur s'est déjà partiellement
déplié. L'appareil, totalement déplié,
s'enclenche alors en position.
Pour le refermer, pousser vers l'arrière, dans le
sens de la flèche, le levier maintenant l'appareil en position
ouverte (flanc gauche), puis presser sur la face supérieure
jusqu'à enclenchement.
Quand l'appareil est ouvert, pour effectuer des prises de
vues, il faut :
le placer à plat dans la main gauche, en le maintenant
par ses flancs entre le pouce et les quatre autres doigts, en veillant
à ne pas placer l'un des doigts sur la face avant, devant
la fenêtre de sortie de la photographie,
du gras de l'index droit presser doucement le Bouton de déclenchement,
pour effectuer d'abord la mise au point, tout en plaquant la paume
de la main sur le flanc droit (sans appuyer sur le soufflet).
3. Système de visée :
II est absolument identique à celui du Polaroid SX 70, mais
le verre de visée est dépourvu de télémètre à champs croisés .
La lumière pénètre dans l'appareil par l'objectif.
Le pinceau est replié une première fois par le miroir
plan fixe de visée, aluminisé en surface . L'image
formée par l'objectif est ainsi renvoyée par celui-ci
dans le plan d'un miroir de Fresnel très spécial .
Ce miroir de Fresnel est en fait une structure complexe triple :
un verre dépoli matérialise l'image réelle
projetée par l'objectif (ce qui permettra d'observer la netteté
de celle-ci par l'oculaire),
une couche réfléchissante renvoie le pinceau
vers l'oculaire,
la lentille de Fresnel associée à ce miroir
concentre le pinceau de telle sorte que la plus grande partie de
la lumière ayant formé l'image dans le plan du verre
dépoli, gagne l'oculaire : l'incidence variable des échelons
de la lentille de Fresnel permet le guidage vers l'oculaire, aussi
bien des rayons frappant le dépoli presque perpendiculairement
au centre, que des rayons le frappant avec une incidence certaine
dans les angles : de ce fait l'illumination de l'image de visée
sera uniforme. Le dépoli joue un deuxième rôle
dans la visée : il matérialise pour l'il le
plan de l'espace vu à travers l'oculaire dans lequel l'image
fournie par l'objectif doit se former. Il empêche l'il
d'accommoder à une autre distance.
Il faut remarquer que le plan de ce verre dépoli (du miroir
de Fresnel) fait un angle d'environ 20% avec l'axe optique (de ce
fait l'appareil est incliné vers l'arrière lorsque
son axe optique est horizontal) et qu'en conséquence le miroir
est incliné à environ 50% par rapport à cet
axe optique. Ainsi donc, comme les 2 parties de l'axe optique repliées
au niveau du miroir de Fresnel ne sont pas superposées, le
centre de la lentille de Fresnel a dû être excentré
(l'ensemble du système optique a certainement été
calculé par ordinateur!).
Le pinceau lumineux renvoyé et concentré par le miroir
de Fresnel est à nouveau replié par réflexion
sur la partie supérieure du miroir plan fixe . Il traverse
ensuite le diaphragme de champ stigmatique qui délimite la
surface d'image qui sera observée par l'oculaire, et qui
correspond à l'image projetée par l'objectif sur le
miroir de Fresnel . Le miroir concave asphérique renvoie
alors ce pinceau vers l'oculaire en le repliant une nouvelle fois,
et forme une image réelle aérienne du plan focal,
de la taille d'un petit timbre-poste, à mi-chemin entre ce
miroir et l'oculaire. Cette image, reprise par l'oculaire qui joue
le rôle d'une loupe, apparaît alors à l'observateur,
virtuelle et fortement grossie. Afin de replier le pinceau vers
le bas, pour que l'opérateur puisse appuyer le menton sur
la partie arrière du boîtier dans le but de le maintenir
fermement, l'oculaire (une lentille convergente) a dans le plan
vertical une section prismatique (il est réalisé en
matière plastique).
Quatre réflexions sur 3 miroirs interviennent donc dans la
visée. La seule réalisation de l'instrument de mesure
permettant le contrôle du miroir asphérique a occupé
2 chercheurs pendant 2 ans ! C'est la première surface optique
asphérique employée en grande série dans un
appareil photographique !
Bien que des éléments optiques excentrés (miroir
de Fresnel et miroir concave asphérique) soient employés
dans la visée pour compenser les excentrements de l'axe optique,
l'image visée n'est pas carrée comme l'image photographiée.
Elle est trapézoïdale, élargie vers le haut d'environ
20 %. Ses bords sub-verticaux sont rectilignes, et les bords horizontaux
sont convexes vers le haut. Ceci n'est absolument pas gênant
et on s'y habitue d'emblée ; il faut réfléchir
pour remarquer la forme anormale de cette image visée (on
s'en rend compte surtout en présence de sujets géométriques).
Ce système complexe a permis la réalisation d'un appareil
reflex, moyen format 8 x 8 cm pliant... ce qui est une performance
!... et petit et léger, car dépourvu de prisme en
toit.
Lors de la prise de vue, le miroir de Fresnel est relevé
par l'action du moteur électrique (tournant à 12000
tours/minute). Sa face postérieure, aluminisée en
surface, renvoie l'image issue de l'objectif sur le film. Dès
que l'exposition est effectuée, ce miroir reprend sa place,
protégeant ainsi le film des rayons lumineux de l'image nouvellement
visée.
4. Objectif :
II est identique à celui du SX 70, soit f/8, de 116 mm de
distance focale à 4 lentilles en verre. Cette distance focale
est à peine supérieure à la diagonale du format
(112,5 mm).
5. Mise au point :
Comme nous l'avons vu au paragraphe 1, celle-ci est effectuée
automatiquement par le Sonar lors de la pression sur le Bouton de
déclenchement.
Toutefois, il est également possible d'effectuer la mise
au point manuellement : il suffit de mettre le Sonar hors circuit
en agissant sur la Touche située à sa base, à
droite. La molette de mise au point est alors accessible et sa manuvre
entraîne le déplacement de la lentille antérieure
de l'objectif. La netteté de l'image doit alors être
contrôlée sur le verre dépoli.
Lors de la mise au point, automatique ou manuelle, la lentille antérieure
de l'objectif se déplace en tournant. Sa monture porte gravées,
en blanc, les distances suivantes : 15, 8, 5, 3,2, 1 1/2, 1, FT
(feet = pied). Le repère des graduations est situé
à la base de la monture.
6. Obturateur/diaphragme , Cycle de fonctionnement :
Ouvert lors de la visée, il se referme dès la pression
sur le Bouton de déclenchement, alors que le miroir de visée
se relève.
Il s'ouvre alors et découvre l'objectif et la cellule sensible
(au Silicium) et assure, selon la luminosité de l'objectif:
soit une exposition à f/8 (ouverture maximale), entre
1/70 et 14 s ; si cette pose n'est pas suffisante, un circuit de
fuite referme l'obturateur après 20 s environ; concomitante
entre 1/70 à f/8 et 1/180 à f/22.
Il se referme une fois la pose effectuée ; le miroir de visée
et les volets de protection contre les lumières parasites
reprennent leur place ; l'obturateur-diaphragme s'ouvre de nouveau
totalement, permettant alors la visée.
Le moteur électrique éjecte alors la photographie
après l'avoir fait passer entre les rouleaux qui écrasent
la gousse de traitement. Il n'y a plus qu'à poser la photographie
et attendre qu'elle se révèle sous vos yeux !
7. Système de mesure :
II est constitué d'une cellule au Silicium alimentée,
comme l'ensemble de l'appareil, par la pile Polapulse incorporée
à la base du chargeur SX 70. Devant cette cellule est placé
un dispositif de filtres gris neutre, étages, de densité
variable qui permettent d'assurer des corrections volontaires d'exposition
de + 1 1/2 à 1 1/2 diaphragme en agissant sur la molette
placée sur la face avant.
L'ensemble du système de mesure/ obturateur/diaphragme autorise
des couplages, à 100 ASA, de l'IL 2 (14 s à f/8) àl'IL
16,5 (1/180 à f/22).
8. Chargement :
Cet appareil n'utilise évidemment que les chargeurs de 10
vues conçus pour les SX 70 comprenant, rappelons-le, une
pile d'alimentation incorporée.
Pour le charger, presser l'ergot jaune apparaissant sur le milieu
de flanc droit. Le Volet de chargement s'abaisse. Placer le chargeur
dans le logement en le tenant par ses flancs et en faisant coïncider
les repères de couleur jaune et bleue portés par les
chargeurs et par le logement, qui indiquent
le sens de positionnement. Presser le chargeur à fond et
refermer le Volet.
Le carton de protection placé sur le chargeur est alors automatiquement
éjecté, comme le serait d'ailleurs la première
vue d'un chargeur déchargé en cours de prises de vues
puis rechargé.
Polaroid SX-70 Sonar One Step ouvert, vu de droite.
9. Décompteur de vues :
Fenêtre sur la face postérieure du boîtier,
à gauche.
Lorsque l'appareil est vide, cette fenêtre est noire.
Après chargement et éjection du carton, le chiffre
10 apparaît ; il correspond à la contenance du chargeur.
A chaque prise de vue, une unité est décomptée,
le décompteur indique alors le nombre de vues restant à
prendre.
10. Déclenchement :
II est effectué par pression sur le Bouton en plastique mou
; placé à droite sur la face antérieure. Ce
Bouton de déclenchement extrêmement doux (il rappelle
un peu le déclencheur Sensor Agfa) possède une course
en deux temps :
en début de course, il enclenche le Sonar qui effectue
la mise au point, et
le posemètre. Si l'exposition nécessite une vitesse
inutilisable à la main, un voyant rectangulaire rouge s'illumine
alors au tiers inférieur du bord droit de l'image visée.
En fin de course, il assure le déclenchement.
Si l'opérateur ne désire pas utiliser de flash
en cas de luminosité insuffisante, il lui est possible de
fixer l'appareil sur pied (embase petit diamètre à
l'arrière de la base).
Une prise pour déclencheur souple électrique est située
sur le flanc droit.
Aucune sécurité de déclenchement n'est prévue,
mais un déclenchement intempestif est peu probable, compte
tenu de la position du Bouton. Il est toutefois recommandé
de refermer l'appareil entre deux prises de vues, les circuits électriques
étant alors automatiquement déconnectés.
Si l'opérateur désire utiliser un flah, le simple
enclenchement du « Flash Bar » commutera automatiquement
l'obturateur sur 1/40 de seconde.
11. Prises de vues au flash :
Placer un « Flash Bar », neuf ou entamé, dans
l'embase située sur la face supérieure du Sonar. L'obturateur
est alors automatiquement connecté sur 1/40 et le diaphragme est couplé à la mise au point. L'automatisme d'exposition
fonctionne alors de 25 cm à 6 m, le diaphragme variant alors
de f/8 à
f/96.
La mise au point étant assurée automatiquement, le
réglage de l'exposition par rapport à la puissance
du flash sera toujours parfaitement opéré. Il y a
cependant lieu de se méfier dans le cas de sujets étages
en profondeur (repas autour d'une table de grandes dimensions par
exemple). L'indication de la zone de mesure automatique de la mise
au pont fait ici cruellement défaut !... espérons
que les modèles de série seront modifiés.
L'électronique du système choisit automatiquement
la première lampe neuve à allumer et saute éventuellement
une lampe défectueuse. Par ailleurs, si aucune lampe n'est
en état, le déclenchement est impossible.
12. Accessoires :
Ceux-ci ne nous ayant pas été communiqués avec
l'appareil, nous n'avons pu vérifier l'adaptation de tous
ceux destinés au Polaroid SX 70 classique... et ne pouvons
que reprendre la description du Test.
Les accessoires sont utilisés par l'intermédiaire
de l'Accessory Holder 113 (= Adaptateur d'accessoires). Présenter
celui-ci au-dessus de l'objectif, sa patte inférieure s'enclenchant
dans l'embase du Flash Bar. L'enfoncer jusqu'en butée, il
peut recevoir :
un Flash Bar dans son embase supérieure, identique
à celle de l'appareil (ce système peut servir à
surélever le Flash Bar pour réduire l'effet d'oeil
rouge possible, mais la surélévation est faible).
Le Lens Shade 120 (= Parasoleil) qui se glisse tout simplement
dedans de haut en bas : il est utile, dès que le soleil devient
latéral, et à plus forte raison tend vers le contre-jour
: une chicane sur son côté gauche permet à la
cellule sensible de jouer normalement son rôle.
Le Close-up Lens 121 (= Bonnette) de 3,5 dioptries, qui se
monte comme le Parasoleil ; on ne peut la monter de façon
erronée, les glissières étant asymétriques
: l'inscription « Close up 121 » est alors orientée
vers l'opérateur : la mise au point du SX 70 s'étend
ainsi des rapport x 0,5 à x 1 : l'objectif est alors situé
à 12,5 cm de l'objet : effectuer des mises au point très
précises et utiliser de préférence pied et
déclencheur souple, ainsi qu'un éclairage puissant
(ou utiliser le flash) : on peut à la rigueur, grâce
à cette Bonnette, reproduire soi-même un cliché;
attention : la mise au point automatique est impossible lorsque
la bonnette est en place, car le Sonar ne peut prendre en compte
des objets situés à moins de 25 cm ; il faut donc
opérer en mise au point manuelle.
II recevra des filtres lorsque ceux-ci seront disponibles;
pour l'instant utiliser des filtres de Série 5 ou en Adaptateur
de série 5 ; il est aussi très facile de glisser des
morceaux de filtres en gélatine de 37 x 37 cm dans ses glissières,
ils y sont parfaitement maintenus ; il faut, lors de l'emploi de
filtres, corriger l'exposition automatique par le Correcteur volontaire
d'exposition (ou placer un morceau de filtre similaire devant la
fenêtre de la cellule, ce qui n'est pas très facile...
Attention : enlever ces accessoires, ainsi que l'Accessory
Holder, avant de replier l'appareil.
Les trois accessoires doivent présenter des difficultés
d'emploi du fait de la présence du Sonar dont il est préférable
de ne pas obturer le champ.
Etui souple (Carrying Case 114)
Etui souple en cuir semblable aux garnissages de l'appareil, à
poignée souple (sans sangle).
Mallette :
Mallette luxueuse en cuir marron, à poignée souple
pouvant être allongée par la sangle accessoire livrée
lors de son achat. Volet rabattant latéral à patte
de fixation à enclenchement. Logements pour un SX 70 et un
chargeur en étui accompagnée d'accessoires (ou deux
chargeurs). Sangles élastiques de maintien dans le volet,
pour 2 chargeurs en étui et 3 Flash Bar. Livrée avec
schéma d'utilisation.
Album Polaroïd 117 : Non distribué en France.
Adaptateur pour microscope : Présenté aux actionnaires.
Avec guide de lumière pour la cellule. Non encore disponible.
Compléments optique Télé : Présenté
aux actionnaires. Non encore disponible.
Travaux :
Reproductions et agrandissements 13 x 13 cm seulement actuellement.
Aux USA reproductions et agrandissements 12 x 12 et 20 x 20 cm.
Grâce aux progrès accomplis avec le système
SX 70, ceux-ci ont gagné en qualité par rapport aux
travaux antérieurs (ce que nous avons aisément pu
vérifier lors de nos essais de définition en photographiant
un cheveu à 40 cm).
En même temps que le SX 70 Sonar One-step, qui est en fait
le premier appareil reflex mono-objectif au monde à assurer
la mise au point automatique, (un fait historique, qui fera date
dans l'histoire de la photographie), Polaroid vient d'annoncer la
sortie d'un deuxième appareil à mise au point automatique
: lePolaroid
Sonar Auto Focus 5000.
Il s'agit d'un appareil de la structure des Pronto1000,1500,2000et 3000 dont le prix aux Etats-Unis devrait si situer aux alentours
de 100 $ le SX 70 Sonar One Step devant, lui, être vendu aux
environs de 250 $ .
L'adaptation du Sonar à la photographie, est encore un grand
pas franchi par la firme Polaroid que des idées novatrices
placent toujours au premier rang de la technologie dans le domaine
de la photographie et maintenant du cinéma : la Polavision,
ensemble de prise de vues et de cinéma à développement
instantané vient d'être présentée à
la presse internationale.
Une étude de François BRUN et Michel de FERRIÈRES
Sous la direction de Gérard BOUHOT
N'ayant pu retrouver les auteurs de cette
étude, et donc n'ayant pas leur consentement pour cette publication,
je m'engage à modifier celle-ci à leur demande ou
à celle de leurs ayants-droits.

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