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Société de Photographie des Couleurs L'Artiste
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Photo(s) de et texte de PF & AS. Dernière modification le 2020-03-21 par Eric Borel.
En travauxNouveau

Fabriqué ou assemblé en France de (Circa) 1898 à (Circa) 1904.
Rareté en France : Peu courant (dans les vide-greniers non spécialisés)
N° inventaire : 7221

Fiche technique complète

Chronologie des appareils Societe de Photographie des Couleurs 
Historique de la marque Societe de Photographie des Couleurs

Cette chambre ne semble différer des modèles classiques que par la présence à l'arrière d'un tiroir permettant de placer les filtres de sélection pour la photographie trichrome.

Dugardin, son concepteur, vendait un petit manuel expliquant comment obtenir les images en couleur sur papier. Les exemples sont basés sur le format 18 x 24, obtenu avec cette chambre. Les filtres avaient la même taille que les plaques, devaient être conservés à l’abri de la lumière et contrôlés au spectroscope tous les mois.

Le manuel présente aussi deux vues d’une chambre à trois corps, équipée de miroirs semi-transparents, destinée à faire du portrait : Un objectif très lumineux est indispensable pour réduire le temps de pose qui tout en s’éloignant de beaucoup de l’instantanéité n’en reste pas moins très pratique.

Dugardin était un professionnel de la reproduction, de tableaux principalement, et c’est donc une technique industrielle qu’il tente de proposer aux amateurs…

La première surprise est que la prise de vue ne se fait pas avec des plaques panchromatiques et des filtres de sélection, mais avec trois types de plaques orthochromatiques différents.

Dugardin dit que sa société fabriquait ses propres plaques… on peut s’en étonner, mais à l’époque, juste vingt ans après l’arrivée du gélatino-bromure d’argent, il y avait de très nombreuses petites fabriques de plaques. Mais il existait aussi des sociétés importantes, en particulier la société Lumière fondée en 1882.

Résumé du manuel :

Il y avait donc une plaque sensible au bleu, une au jaune et vert, enfin une sensible au rouge et jaune.

  • Plaque N° 3, sensible au jaune, exposée avec un écran violet qui aura pour mission de couper les bleus, les violets et de laisser arriver lentement les couleurs jaunes et les verts. (Il y a manifestement une coquille dans cette phrase en contradiction avec la logique et la page précédente. On doit lire : sensible au bleu, exposée avec un écran violet arrêtant le jaune et le vert, et réduisant l'intensité du bleu et du violet.)

  • Plaque N° 2, sensible au jaune et au vert, avec l’emploi d’un écran vert dont la mission sera d’exterminer le rouge en caressant le bleu.

  • Plaque N° 1, sensible au rouge et au jaune, munie d’un écran orangé ; les couleurs depuis le bleu clair jusqu’au violet doivent être éliminés.

Pour l’exposition, Dugardin indique trois secondes à F : 16 pour la plaque 3 – écran violet, six secondes pour la N° 2 – écran vert et neuf pour la N° 1 – écran orange.

Développement : On traite les trois plaques simultanément, de préférence avec le révélateur Les Multicolores à l’hydroquinone, après les avoir repérées par une marque dans deux coins opposés. Une fois développées, lavées et séchées, les plaques sont bordées avec un papier jaune ou orangé. (Dugardin ne parle pas de fixage, sans doute est-ce une omission.)

Les monochromes : Il s’agit de papiers mixtionnés, c’est à dire du « procédé au charbon » avec comme pigments, le bleu de Prusse, la laque de garance orangé et le jaune de chrome. (L’arrivée des couleurs à l’aniline mettait en difficulté les producteurs de garance du Sud-Est, et c’est l’Armée française qui fut désignée pour absorber la production, ce qui valu à nos Poilus de 14 d’arborer fièrement des pantalons rouges au front.)

La sensibilisation se fait dans une solution de bichromate de potasse à 2 % en été et 5 % en hiver, durant deux à trois minutes en évitant les bulles d’air. Le séchage doit se faire dans une pièce obscure et ventilée. (La solution de bichromate doit être gardée en dessous de 15°.
Les papiers sensibilisés peuvent se conserver 15 jours, le jaune se bonifiant et le bleu s’étend et monte…

Les plaques, qui ont été bordées sont vernies, et si l’image est trop faible, on peut appliquer un vernis mat, ou, en cas de grande faiblesse, un papier végétal plus opaque, ou encore un vernis Multicolores légèrement teinté de carmin, de façon à égaliser la sensibilité photogénique.

Les plaques sont placées dans des châssis-presses et les papiers mixtionnés placés dessus à l’éclairage tamisé du laboratoire.

L’exposition se fait simultanément pour les trois plaques, avec l’aide d’un photomètre. (En fait, un actinomètre à papier nitraté, le type anglais étant préconisé.) Il peut être nécessaire d’avoir utilisé un affaiblisseur ou un renforçateur sur les négatifs, si on ne peut pas les refaire.

Une fois exposés, les papiers mixtionnés sont conservés dans une boite étanche à l’abri de la lumière. On peut différer le développement, mais le bleu à tendance à monter.

- Dans ce procédé, l’image est formée de gélatine devenue insoluble dans les parties exposées à la lumière. Cette image étant formée en surface, si on élimine la gélatine restée soluble, l’image se sépare du support et se désagrège. Pour éviter cela, il faut reporter l’image sur un support transitoire. -

Ici, le support intermédiaire est une plaque de verre, qui doit être parfaitement propre, nettoyée à l’acide chlorhydrique ou à la potasse d’Amérique, puis soigneusement cirée et essuyée.

On place une glace cirée au fond d’une grande bassine d’eau, on introduit le papier mixtionné jaune en éliminant les bulles d’air avec un blaireau, et une fois le papier bien imbibé, on applique la glace par dessous, on sort de l’eau, on pose l’ensemble sur un coussin de papier, on recouvre d’une mince feuille de caoutchouc et on enlève l’eau en passant une raclette en caoutchouc. La plaque est alors placée entre des feuilles de buvard ou de flanelle.

Développement : Il se fait dans une cuvette remplie d’eau à 35 ou 45° selon la dureté de la gélatine. La glace est posée au fond, papier vers le haut. On peut alors poursuivre à la lumière du jour. On agite l’eau légèrement et on laisse une dizaine de minutes. On décolle alors le papier avec un ongle dans un coin, et on fait glisser le papier en dehors de la glace. L’image est alors visible sur le verre. Au bout d’un quart d’heure, le dépouillement est fini et on met la glace dans l’eau froide pour arrêter de développement. On rince à la pomme d’arrosoir, on égoutte et on sèche sur un chevalet, à l’abri de la poussière.

Création de l’image : Le but est de déposer sur un papier servant de support l’image jaune, puis la bleue et enfin la rouge.

Comme support, Dugardin fournit un papier gélatiné. On le fait tremper dans l’eau tiède, et on l’applique sur le monochrome jaune imbibé d’eau froide. On pose la toile caoutchoutée, on passe la raclette pour éliminer l’eau, et on fait sécher dans une pièce aérée. Une fois complètement sèche, on enlève un coin du papier, et en tirant régulièrement, on détache le papier de la glace, l’image restant sur le papier. Il faut alors éliminer les traces de cire sur le monochrome en versant quelques gouttes de benzène et en frottant avec un morceau de papier Joseph, puis la même chose avec quelques gouttes d’alcool.
Pour transporter le monochrome bleu, on le laisse dans une bassine gardée au bain-marie à 32° remplie d’une colle formée de moitié de gomme arabique et de gélatine. Le papier portant le jaune est placé dans l’eau froide jusqu’à ce qu’il reprenne sa planéité, on l’égoutte, on le met dans la colle. On retire les deux épreuves, verre au dessus, on rejette l’excès de colle, on assure la bonne superposition des deux images (que l’on voit à travers le verre), on racle la colle au dos de l’épreuve avec un carton fort et on laisse sécher.
On décolle l’image bleue du verre comme on l’a fait avec l’image jaune, et il ne reste plus qu’à faire avec l’image rouge ce que l’on vient de faire avec la Bleue…

Il n’y a plus qu’à monter l’épreuve finale sur un carton, pour l’encadrer ou la mettre en album.

Source : Louis Dugardin, Traité pratique de la photographie en couleurs, 38 pages avec 3 illustrations, 1898. Reproduction en fac-simile, Université du Michigan, digitalisé par Google Books.

 



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