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Soulé Chambre de Luxe pour professionnel N° 24
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Propriété de MR. Photo(s) de - et texte de MR. Dernière modification le 2022-05-05 par Sylvain Halgand.

Fabriqué ou assemblé en France de (Antérieur à) 1912 à (Postérieur à) 1912.
Rareté en France : Rare (dans les vide-greniers non spécialisés)
N° inventaire : 21097

Fiche technique complète

Chronologie des appareils Soulé 

Cette chambre, même si elle ne porte pas de marque, est en tous points conforme à la description qui en est faîte dans le catalogue émis par Soulé.

L'ensemble des ferrures en cuivre poli et la belle languette en cuir donnent à cette chambre d'atelier en noyer verni une certaine élégance, rehaussée par un objectif au fût de couleur noire et bagues en laiton. Ce dernier ne possède pas de marque d'identification, et son ouverture maximale de 8 demande beaucoup de puissance d'éclairage pour des séances de portrait. Toutefois, cet inconvénient est en partie atténué avec l'utilisation de plans-films de 400 iso.

Cet objectif est monté sur un obturateur Thorton-Pickard dont l'armement se fait par un petit cordon. Pour effectuer une prise de vue, il faut tirer le cordon à mi-course.( Lors du changement de rideau, il a été fait un petit repère rouge facilitant cette manœuvre) afin d'effectuer le cadrage et la mise au point. Ceci fait, il ne faut surtout pas oublier de tirer encore sur le petit cordon jusqu'au repère suivant afin de fermer le rideau et d'avoir ainsi armé l'obturateur avant d'ouvrir le volet du châssis préalablement installé.

La focale de cet objectif semble être au moins de 210 mm, car il n'y a pas d'effet de vignetage lors des possibles décentrements verticaux ou horizontaux. La qualité d'image est au rendez-vous et les flous des premiers et arrières plans d'une douceur agréable.

C'est sur la face avant que peuvent s'effectuer les décentrements verticaux et horizontaux.

Seul le corps arrière peut basculer verticalement, mais avec un angle deux fois moins important en basculant le corps vers soi ( en arrière) que devant. Cet inconvénient vient de la présence de deux petites vis destinées à recevoir les deux crochets en cuivre permettant la fixation du dépoli, aussi bien en position verticale ou horizontale.

A noter l'articulation du cadre de dépoli par une double charnière permettant d'écarter ce dernier du châssis une fois en place.

Les corps avant et arrière sont reliés par un soufflet en toile renforcée avec des coins en peau, dont l'allongement maximum est de 34 cm.

Le tirage peut être allongé de façon significative, ceci grâce à une base coulissante faisant office de rallonge.

J'ai acheté cette chambre à la bourse de Chelles en 2011, car elle était accompagnée d'un châssis d'origine. Et, comme un bonheur n'arrive jamais seul, en fouillant dans des caisses dissimulées sous les tables, quelle ne fut pas ma surprise de découvrir deux châssis aux dimensions similaires à celui accompagnant la chambre. Ne restait plus qu'à faire réaliser des entailles par la section d'ébénisterie d'un lycée professionnel afin de pouvoir les fixer au corps arrière.

Et me voilà avec une chambre centenaire opérationnelle, pour mon plus grand plaisir.

 

 

 

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Soulé Chambre de Luxe pour professionnel N° 24



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Notice sur la Maison D. Soulé, Bagnères-de-Bigorre 1900



BAGNÈRES-DE-BIGORRE

Imprimerie et Librairie PÉRÉ
Place de Strasbourg

Fondation : 1862. - La maison D. Soulé fut fondée en 1862 par M. François Soulé, son père. Elle débuta par la tournerie et le travail de tabletterie dans les essences de bois abondantes dans les Pyrénées, - le buis notamment.

1878. - En 1878, M. François Soulé, enlevé par une courte maladie, laissait le soin de diriger sa petite industrie à son fils D. Soulé, âgé de 15 ans, l’aîné de ses quatre enfants. Obligé d’interrompre ses études dans la section industrielle de l’Ecole Supérieure de Commerce et de l’Industrie de Bordeaux, ce dernier prenait dès ce moment la direction du personnel sous la raison sociale Vve F. Soulé.
A ce moment, l’usine comptait une vingtaine d’ouvriers dans un local pourvu d’une force motrice hydraulique de 12 chevaux environ.
Cette industrie, orientée par M. D. Soulé vers les branches nouvelles de l’électricité et de la photographie qui commençaient à utiliser dans leurs application des objets qui rentraient dans le cadre de sa fabrication, fit de rapides progrès.

Personnel. - A l’heure actuelle, l’usine occupe un terrain de 25 000 mètres carrés, sur lequel 6 000 mètres carrés sont occupés par des constructions. Le personnel comprend un ingénieur, trois chefs de services, six contremaîtres, cinq chefs d’équipes, cent cinquante ouvriers groupés dans les locaux de l’usine, une trentaine travaillant au dehors, et dix-huit à vingt dans la succursale de Barcelone. Le travail des métaux, décolletage, estampage, découpage, occupe le bâtiment principal.
La force motrice est constituée par une turbine Fontaine de 35 chevaux, une Hercule Singrunn de 20 chevaux et une machine à vapeur de 40 chevaux, dont le foyer est exclusivement alimenté par les déchets et sciure de l’usine.

Organisation commerciale. - Dès 1889 un dépôt était organisé à Paris, pour desservir les clients de cette ville, puis vinrent les dépôts de Marseille et de Lyon. Enfin, en 1899, une succursale était fondée à Barcelone, sous la direction de M. Berrens, ingénieur parent de M. D. Soulé.
Le marché espagnol est en grande partie entre les mains des Allemands et des Anglais. Sa proximité avec la frontière avait amené des relations d’affaire naturelles de la Maison de Bagnères-de-Bigorre avec ce pays. Toutefois les droits de douane et l’importance des transactions dans ce pays neuf, en matière industrielle, demandaient un pas de plus.

Maison de Barcelone. - On a donc fondé une succursale à Barcelone qui distribue les produits de l’usine, rassemble les pièces qui lui parviennent démontées, confectionne celles dont l’entrée est trop onéreuse et opère les ventes dans la monnaie et selon les coutumes du pays ; elle a eu pour résultat d’ouvrir plus grandes les portes de l’Espagne aux articles français. Son chiffre, dès la première année, est quintuple de celui qu’avait fait l’année précédente la Maison de France seule, privée de ce secours.

Ebénisterie photographique. - Les débuts de la maison dans les articles de photographie se bornèrent aux accessoires : pieds, châssis positifs, égouttoirs, boîtes à glace et autres articles ordinaires qui étaient dans les moyens de fabrication d’un personnel inexpérimenté.
Bientôt après la chambre sur pied, dans toutes les tailles, puis les chambres d’atelier du professionnel, pour la fabrication desquelles des chefs ouvriers vinrent de Limoges et de Paris ; ces articles furent ainsi confectionnés dans l’usine.
La ferblanterie, les sacs, le gaînage vinrent à leur tour compléter les produits de la maison. Ils sont fabriqués par des équipes spéciales dans des salles de l’usine ou au domicile des ouvriers préalablement dressés par un stage à la maison, lorsque la force motrice ne leur est pas nécessaire.

Detectives Jumelles. - les appareils à main, détectives et photo-jumelles sont aussi fabriqués dans la maison, pour lesquels l’atelier de décolletage qui est consacré aux appareils électriques est d’un précieux secours.
L’obturateur du dernier détective rectiligne paru, offre des avantages réels par la rapidité d’ouverture et de fermeture des volets, et par le temps de pleine ouverture qu’il donne durant une révolution quelle que soit la vitesse à laquelle on la fasse fonctionner.
Cette création toute récente mérite d’attirer l’attention de MM. les Membres du Jury.
Les résultats obtenus et l’expérience acquise permettent d’espérer que cette maison établie dans la Province pourra atteindre son but qui est celui de contribuer à affranchir le marché français des importations trop importantes de Milan ou de Dresde.
les conditions économiques de fabrication en Province permettent de lui laisser entrevoir ce résultat pour un temps prochain. Faisant cela, elle sera bien dans son rôle, laissant à la production parisienne le noble rôle de la création des appareils de choix, de grand luxe et de fini parfait ; gardant pour elle la construction des articles de consommation courante, destinés aux amateurs moins fortunés. Il lui reste un champs assez vaste de nature à satisfaire son ambition légitime.

Expositions antérieures. - La Maison n’a jamais figuré dans une exposition internationale. La première exposition date de l’année dernière, à Tarbes, à l’occasion d’une Exposition régionale.
Le Jury lui a décerné deux Médailles d’Or et un Diplôme d’honneur.

Caisse de secours. - Les relations de M. D. Soulé avec son personnel sont des meilleures. Il n’y a jamais eu de grève dans la maison.
Une caisse de secours, alimentée par les dons du patron, fournit des secours en cas de maladie, donne des pensions de retraite aux vieux ouvriers infirmes. Deux retraites  l’une de 125 francs, l’autre de 250 francs sont desservies à deux vieux ouvriers. L’un frappé de paralysie, l’autre rendu par l’âge incapable de tout travail. Les secours divers varient entre 800 et 1000 francs par an.

Caisse de prêts. - M. D. Soulé fut aussi le premier à créer en France une caisse ouvrière du type Raiffaisen à responsabilité illimitée. Créée en 1893, cette caisse fait des prêts aux sociétaires qui sont tous ouvriers habitant Bagnères. Elle est administrée par un bureau choisi par eux au suffrage. Son mouvement annuel de prêt varient entre 3 000 et 4 000 francs.

Travail familial. - M. D. Soulé cherche à établir le travail à domicile, dans la famille, avec distribution des forces motrices hydrauliques très abondantes dans les Pyrénées. Des réunions nombreuses, dont la dernière toute récente était présidée par M. Sansot, industriel, ancien élève de l’Ecole Polytechnique, membre de la Chambre de Commerce des Hautes-Pyrénées, ont pour résultat d’orienter les esprits de ce côté, et de déterminer les Municipalités à l’établissement de ces forces motrices destinées à l’éclairage électrique, le soir, et à la distribution de force, le jour.
Un groupe s’est formé, qui demande avec lui l’établissement de tarifs réduits en faveur des ateliers familiaux.


Il n’a pas attendu que cette distribution existe pour organiser le travail à domicile, dans les genres de travaux qui ne demandent pas la force motrice. Une vingtaine de personnes sont occupées déjà chez elles dans ces conditions.





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